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Le ch√Ęteau de Grimonster

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Adresse(s):
Grimonster , 3, 4190    Ferri√®res (   Grimonster ) (    Ferri√®res -    Li√®ge -    Wallonie -    Belgique )
Catégorie(s):
   Ch√Ęteaux contemporains 
(   Ch√Ęteaux    B√Ętiments militaires    Patrimoine artichectural    Patrimoine    Cat√©gories)
.
Informations

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)

( Ferrières, Grimonster 3)
Historique de GRIMONSTER
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1-ORIGINES
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La signification du mot "ster" est, à l'heure actuelle toujours controversée. Selon J. Feller qui lui a consacré une
longue étude, le mot "ster" serait d'origine germanique et signifierait un lieu, un endroit, une assise, un
établissement.
Le plus souvent, il d√©signe des sommets bois√©s, des plateaux √©lev√©s. Nulle part, l'emplacement n'appara√ģt tr√®s
enviable. Les "ster" furent fondés en terres ingrates, donc, après la plupart des localités connues. Et ils ne se
sont guère développés pour la même raison.
L'existence des "ster" serait liée aux défrichements tardifs qui commencent au Xie siècle.
Ce doit être le cas pour GRIMONSTER, situé en plein bois. A mon avis, il pourrait être un établissement forestier ou
une simple ferme implantée après défrichement.

GRIMONSTER est vraisemblablement postérieur au XIe siècle. Le lieu est cité pour la première fois, en 1375 (A. de
Ryckel - communes de la province de Liège - p 646), puis en 1472 (Chestret de Haneffe - histoire de la maison de la
Marck, p. 268).
GRIMONSTER signifierait donc: établissement d'un certain Grimund, nom germanique composé de gris + mund ou d'un
certain Grimold, dont on conna√ģt en France les variantes Grimod et Grimaud (adjectif). (Voyez aussi √† c√īt√© de
Grimonster, vers Ernonheid, le bois de Rigoster: établissement de Rigaud).

2-LA COUR DE JUSTICE.
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Notons tout d'abord qu'avant d'être seigneurie relevant de Stavelot, GRIMONSTER a très bien pu faire partie de la
seigneurie de My, à l'instar de ses voisins: Ferot, Bierloz, Chessonfosse, Rigoster et Bernardfagne (fondé en 1159 sur
des terrains appartenant à la "villa" de My).
Quoi qu'il en soit, la maison, cour et jugeur de GRIMONSTER constitua un fief de la principauté abbatiale de
Stavelot-Malmedy. Elle faisait donc partie des cours ressortissant à la haute cour de Stavelot, comme étant del "chef"
premier (29 mai 1472).
Sa juridiction ne devait pas être très étendue. Cependant, les archives mentionnent un grand nombre de plaids tenus
par les mayeur et échevins de GRIMONSTER, tant à GRIMONSTER même qu'aux lieux dits Pouhons, Ernonheid, Marteau ou
Chessonfosse.
C'est que certaines cours de justice, détendue restreinte et de faible population, avait de telles difficultés de
recrutement des mayeur et échevins que souvent, elles se groupaient pour siéger ensemble. Or,3 familles seulement
résidaient à GRIMONSTER en 1544 (10 aux Pouhons, 6 au gros Marteau, 5 à Ernonheid); leurs chefs s'appelaient Laurent,
Colla et Giele.
C'est pourquoi les cours de GRIMONSTER, Bernardfagne, les Alloux et Chessonfosse se réunissaient à Ferot; "lesdites
quatres courtes s'ont si-devant soy servies jugeant par ensemble la loy du pays pour faulte de nombre compectent"
("Record de Fero: 1580). Il est à noter d'ailleurs que les cours de GRIMONSTER, des Alloux, de Bernardfagne, ne
pouvaient "faire enqueste ne cerquemenaiges (informations pour conna√ģtre les bornes d'un h√©ritage, d'une communaut√©)
sans gré ou congé du "vicomte de Ferot". (Record de Ferot: 1565).

3-LA COMMUNAUTE.
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La communauté ne fut jamais bien grande: 3 familles en 1544, avons-nous vu, ce qui représente environ une quinzaine
d'habitants. Comment vivaient-ils ? Il est impossible de le dire dans l'état actuel de nos recherches. Sans doute comme
leurs voisins des Pouhons ou de Ferot, travaillaient-ils la terre, s'occupant de temps à autre aux mines de fer des
environs ou encore aux coupes de bois.
Vivant sur un sol ingrat, ils devaient trimer dur.
Et les nombreux passages de troupes étrangères leur enlèvent souvent le peu qu'ils ont engrangé.
Un rapport de la Cour de Ferrières en date du dernier de février 1680 est révélateur. Il concerne entre autres,
les dommages soufferts par la communauté de GRIMONSTER au cours des années 1675-1679:
" ... la censière de Grimonser at a rapporté par son serment que la maison de Grimonster, mouvante de ceste cour, at
este forcée et pillée par deux fois pendant ladite guerre, ayant les soldats emporté toutes les provisions de vivres,
hardes, habits, linges et toutes autres sortes de meubles pour la valeur de 280 escus.
Item, on enlevé et pillé en ladite maison de Grimonster toutes les hardes y réfugiées par la plusparte des manants
et cette communauté, pour la valeur de 400 escus.
Item, une autre partie de 30 soldats, ayant encore forcé la dite maison y restèrent 3 jours, se faisant traieter à
discrétion, y causèrent de l'intérest pour 7à escus.
Item pour une autre partie de 25 cavaliers y ayant resté un jour entier et y commis toutes sortes d'insolences, y ont
causé intérèst de 30 escus ... ".

On voit par ce texte qu'en cas de danger, les manants de Grimonster se réfugiaient dans la maison du "Seigneur".

4-LES "SEIGNEURS" DE GRIMONSTER.
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Le titre de "seigneur" de GRIMONSTER est à considérer avec quelques méfiance; beaucoup de petits nobles ou même de
gros bourgeois se paraient volontiers de titres ronflants.
C'est ainsi que la "seigneurie de Chessonsfosse", près de Grimonster, consistait en 40 ou 50 bonniers de bois !
Voici les quelques "seigneurs" ou propriétaires que nous avons pu retrouver jusqu'ici:
PONCHIN DE FEROT: fit le relief de la troisième part de GRIMONSTER en 1375. Ce qui signifie que GRIMONSTER appartient
en partie au XIV siècle à une famille de Ferot, les ponchin ou Poncin.

HELLUY DE NEUFFORGE: "dame de GRIMONSTER" et delle Heid" (fin du XVe ou début du XVIe siècle) de la famille des
Neufforge, dite des Pouhons. Elle épouse 1) Gérard de Soheit 2) Everard de la Mark.
Nous ignorons quelle fut sa descendance. Il faut donc admettre comme hautement vraisemblable que GIMONSTER appartient
aux de Neufforge pendant un certain laps de temps. Blason des Neufforge: d'argent à 3 losanges d'azur.

HERMES DE PRESSEUX D'HAUTREGARD: écuyer, seigneur de Grande et Petite-Bomale, de Hierbes et de Hautregard (1564)
devient seigneur de GRIMONSTER à la fin du XVIe siècle. Nous ne savons comment et on ne voit pas qu'un de ses enfants
ait gardé le titre (+ en 1623). Armes: d'argent à 3 losanges d'azur.

GUILLAUME-BERNARD DE MARTEAU: écuyer seigneur de My, GRIMONSTER, Bierloz, + le 25/12/1718. Le cartulaire de
Bernardfagne (no 217 à la date du 16/2/1689) porte une fondation d'anniversaires pour Guillaume-Bernard de Marteau,
Gilles de marteau son p√®re et Guillaume-Ernest, son fr√®re. Les de Marteau √©taient des ma√ģtres de forges originaires
de Marteau, pr√®s de Petit-Han. ils pass√®rent √† Fanzel (vall√©e de l'Aisne), puis √† Filot o√Ļ Guillaume, grand-p√®re
du précédent, fit de bonnes affaires comme marchand de bois et à My dont ils seront seigneurs. Armes: de voir au
sautoir de gueules portant en coeur l'écu d'argent à une merlette de sable.

MARIE-JOSEPH DE PLENNEVAUX: fille de Jean-Baptiste, occupe la seigneurie de GRIMONSTER, à la fin du XVIIe siècle et au
début du XVIIIe siècle. Peut-être l'avait-elle rachetée à Guillaume-Bernard de Marteau. Le 23/9/1715, elle épouse
François-Arnold de Thier, échevin de Liège (de 1711 à 1744), seigneur de Lantremange, Mont-Gauthier, Steuvre, etc
... et lui apporte les seigneuries de GRIMONSTER ET de Chessonfosse. Elle meurt le 30/8/1738 à Angleur. Par ce mariage,
GRIMONSTER passe aux de THIER. Ceux-ci possèderont GRIMONSTER jusqu'à la Révolution.

FRANCOIS-ARNOLD DE THIER: Seigneur de GRIMONSTER par son mariage, rachète en outre la moitié de la seigneurie des
Pouhons à Eugène-Louis de Maizières, seigneur d'Izier, pour une somme de 5.500 florins liégeois (le 18/10/1738).
L'autre moitié des Pouhons appartenait au Couvent de Bernardfagne.

GUILLAUME-JOSEPH DE THIER: fils du précédent, échevin de Liège de 1744 à 1791, chevalier du Saint-Empire, seigneur
de Walhorn, GRIMONSTER, Pouhons, Chessonfosse, Montgauthier, etc... meurt au ch√Ęteau de GRIMONSTER el 21/11/1791. Il
aurait, au temps de le Révolution, affiché des "sentiments patriotiques", ainsi que le baron de Sélys-Fanson,
ch√Ętelain de Logne. On sait que la R√©volution, √† Stavelot-Malmedy, partit du Comt√© de Logne et notamment, de Lorc√©
et Ferrières. Les localités du Comté de Logne formèrent, en 1789, une ligue qui se réclama de de Thier et du baron
de Sélys-Fanson. Membre du conseil de Liège avant la révolution, de Thier y fut maintenu après. Tant d'habileté du
certainement épargner GRIMONSTER; on ne voit pas qu'il ait eu à souffrir de la tourmente.
Une anecdote: Guillaume-Joseph de Thier fut la cause involontaire de l'interdiction temporaire du curé de FERRIERES, M.
Paulis. Voici comment les anciens racontaient cette interdiction. Le ch√Ętelain de GRIMONSTER, homme riche et puissant,
était mort subitement (en 1791, comme on l'a vu précédemment). On avait enfermé le cadavre dans un cercueil de plomb
recouvert d'un cercueil de bois. Les hommes qui le portaient le trouvèrent si lourd qu'ils firent courir le bruit que
la bière contenait autre chose que le cadavre: des pierres par exemple. Pour s'assurer du fait, le curé alla avec son
sacristain dans la chapelle attenant √† l'√©glise o√Ļ l'on avait enterr√© le ch√Ętelain et viola la s√©pulture. Cette
violation fut connue par l'autorité diocésaine et M. Paulis fut interdit une année durant. Sa punition consistait à
assister √† la messe du peuple pr√®s de la porte de l'√©glise, une cha√ģne de fer au cou. Avant d'entrer dans le
sanctuaire, il devait en faire le tour trois fois en tra√ģnant sa chaine !

VINCENT FRANCOIS LOUIS DE THIER (ou un de ses fr√®res ?): fils du pr√©c√©dent, ch√Ętelain de GRIMONSTER, fut Maire de
FERRIERES sous le régime français (1808 à 1814). Il fut aussi "commissaire spécial" à Werbomont et à Ernonheid. On
voit que la famille de Thier traverse la bourrasque avec beaucoup d'à-propos. Blason des de Thier: écartelé: aux 1/
et 4/ d'or à 3 feuilles de houx de sinople. aux 2/ et 3/ : d'azur à 2 chevrons d'or et deux croissants de même, deux
en chef, un en pointe.

5-LES PROPRIETAIRES APRES LA REVOLUTION
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Le 14 mars 1815, Vincent-François-Louis, Chevalier de Thier, vend GRIMONSTER à MM. Malacord et à leur soeur Mme J.N.
Fischbach-Malacord, d'une vieille famille stavelotaine.
Les Malacord avaient racheté d'autres propriétés dans les environs:
a) le couvent, la ferme et les terres de Bernardfagne d'une contenance de 81ha47a75ca, rachetés au banquier Dubois de
Liège (acte du 13/11/1810) pour une somme de 38.500 F. Ils revendiquent une partie (dont le couvent) au comte Emile
d'Oultremont de W√©gimont (acte du 14 ao√Ľt 1822) pour une somme de 25000 F. La chasse leur √©tait r√©serv√©e.
b) le ch√Ęteau de Ferot appartenant aux de Stassart (30 juin 1808)
c) la ferme de la Housse à Ferrières (1809), appartenant à la famille delle Creyr.

Ainsi, en 1815, les MALACORD possédaient GRIMONSTER, FEROT, LA HOUSSE et une partie des terres et bois de BERNARDFAGNE.
En 1842, GRIMONSTER passa par succession à Mr. Hubert-François Fischbach qui avait adopté son neveu et filleul,
Hubert-Fran√ßois David - d'o√Ļ le nom de David-Fischbach-Malacord. Ce dernier √©pouse , en 1859, L√©onie Van
Gobelglchroy.
En 1914, les Allemands le fusillent ainsi que son fils Léon, dans les massacres de Louvain.
La propriété passe à ce moment à ses deux filles, dont l'une avait épousé le Baron Edouard DESCAMPS, Juriste
Eminent et Professeur de Droit à l'Université de Louvain, et, l'autre, le Baron Léon de BETHUNE.
Le ch√Ęteau est repris par la baronne Edouard DESCAMPS qui en fait donation √† son fils Pierre, en 1921.
Le Baron DESCAMPS est la personnalit√© qui marque le plus le ch√Ęteau de son empreinte et qui lui donne son style
actuel. Doué d'un talent artistique exceptionnel, il est, en matière de peinture une compétence reconnue tant en
Belgique qu'à l'étranger.
Comme président de la Commission Consultative de Peinture Ancienne des Musées Royaux des Beaux-Arts et comme Sénateur
suppléant de l'arrondissement de Huy-Waremme, il exerce une activité considérable au point de vue artistique et
social. Il est, par ailleurs, Président d'une des grandes entreprises industrielles du pays.
De 1925 √† 1935, il entreprend d'importants travaux √† Grimonster. Il transforme le b√Ętiment principal qui avait √©t√©
édifié au siècle dernier dans le style néo-gothique, en style liégeois, tout en conservant le cachet typiquement
ardennais de l'ensemble.
Le Baron DESCAMPS d√©c√®de √† GRIMONSTER en 1965 et son fils Hubert est l'actuel propri√©taire du ch√Ęteau.


6-AU SERVICE DE L'ENTREPRISE.
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Afin de conserver √† GRIMONSTER un r√īle social et √©conomique adapt√© aux besoins de notre √©poque, et, dans une
perspective dynamique, le Ch√Ęteau, apr√®s avoir √©t√© am√©nag√©, vient de s'ouvrir comme CENTRE DE SEMINAIRES pour les
dirigeants d'entreprises qui désirent réunir, autour d'eux, de petits groupes de collaborateurs.
Puissent ceux qui ont "l'Esprit d'Entreprise" trouver à GRIMONSTER, dans une atmosphère agréable et détendue, le
cadre adéquat à la réflexion et aux décisions qui apporteront à leurs firmes le succès qu'elles méritent.
Tel est le voeu que nous formons de tout coeur.

H. Descamps - Le Canard 1974.


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