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La croix Frenay

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Adresse(s):
Chemin de la Croix Frenay , 0, 4190    Werbomont (   Le Grand Trixhe ) (    Ferri√®res -    Li√®ge -    Wallonie -    Belgique )
Catégorie(s):
   Croix 
(   Croix    Monuments religieux    Patrimoine monumental    Patrimoine    Cat√©gories)
.
Informations

( Werbomont, Chemin de la Croix Frenay)

( Werbomont, Chemin de la Croix Frenay)

( Werbomont, Chemin de la Croix Frenay)

( Werbomont, Chemin de la Croix Frenay)

( Werbomont, Chemin de la Croix Frenay)
On venait d'entrer en l'an de gr√Ęce 1869.
Le mois de janvier, particuli√®rement lourd de glaces et de frimas, tra√ģnait avec lui une longue file de mis√®res.
Les murs de terre et les toits de chaume de nos vieilles masures ardennaises offraient une bien faible résistance au
froid vif et piquant.
A l'int√©rieur, on se chauffait tant bien que mal : les enfants blottis pr√®s de l'√Ętre o√Ļ de grosses b√Ľches se
consumaient lentement ; les parents sous une lampe à pétrole suspendue à une crémaillère.
Au Burnontige, vivait à cette époque, une famille Jaspar, mieux connue sous l'appellation " les Frenay ", du nom de
l'épouse.
Leur chaumière, aujourd'hui disparue (elle se trouvait à l'emplacement de la maison Kilesse) abritait les parents et
six enfants.
La misère s'était installée au logis ; en cet hiver rigoureux, les difficultés de toutes sortes s'accumulaient au
point de créer des problèmes insolubles.
On en était réduit à tendre la main pour trouver de quoi se nourrir et se vêtir.
C'est ainsi qu'un matin comme tant d'autres matins, les trois enfants a√ģn√©s, deux filles et un gar√ßon, partirent
mendier ; se présentant au seuil de chaque maison, ils renouvelaient chaque fois le même et ingrat boniment...
Il faut croire que la journée ne fut pas des meilleures car, à la nuit tombante, les trois malheureux se trouvaient
encore √† Werbomont. Ils frapp√®rent √† une porte, suppliant qu'on leur offrit un g√ģte. Pour toute r√©ponse, un non
catégorique... la grange même leur fut refusée. Dieu veuille pardonner à celui qui se rendit coupable d'un geste
aussi indigne dont les conséquences allaient être affreuses.
En ce temps-là, pour regagner le Burnontige, il fallait traverser ce qu'on appelait " les Fagnes di Férire ", vaste
plateau actuellement couvert de grands bois.
Ces contrées tristes et rocailleuses n'avaient pour toute végétation que de maigres genêts et des bruyères battues
des vents éternels ; de petits marécages y entrecoupaient des mousses sauvages.
On s'imagine quel dut être le calvaire des trois enfants Frenay, obligés d'errer dans ces endroits désolés.
Pour comble de malheur, ils furent bient√īt surpris par une bourrasque de neige, comme rarement on en vit dans la
région. L'obscurité devint totale.
Dans cette solitude complète, les enfants s'égarèrent.
Personne pour entendre leurs cris et leurs pleurs !
Arrivés au lieu-dit " So les Arsins ", épuisés par la fatigue, les membres raidis par le froid, ils se sentirent dans
l'impossibilité d'aller plus loin ... Ils s'abandonnèrent au froid et trouvèrent une mort horrible avec pour tout
linceul la neige poudreuse qui s'amoncelait impitoyablement sous l'action de la bise soufflant en rafales.

Nuit tragique ! ....
Au Burnontige, l'inquiétude grandissait davantage au fur et à mesure que les heures passaient.
Tout le village se mit à la recherche des pauvres petits.
Des battues furent systématiquement organisées et ce n'est que bien tard dans la journée du lendemain qu'un groupe,
conduit par le vieux Stelet, découvrit un lambeau d'écharpe sortant de la neige et appartenant à l'ainée des
enfants, √Ęg√©e de 17 ans.
Un spectacle bouleversant s'offrit aux yeux de ces gens : l'a√ģn√©e, les mains raidies, dans un geste de caresse,
couvrait de son corps les deux plus jeunes ...
C'est à cet endroit qu'est élevée la " Croix Frenay ".
Ce fut un deuil pour tous les habitants des alentours qui se pressaient en grand nombre aux funérailles : celles-ci
furent célébrées à Ernonheid.
Les corps des trois enfants reposent au pied du choeur de l'église d'Ernonheid.
Drame de la misère que nous rappelle la " Croix Frenay " .
Excellente leçon qu'elle nous laisse lorsqu'à notre porte se présentent des malheureux ...


" Tombe Frenay " ?

Ces petits héros ont-ils été enterrés " au pied du choeur de l'église d'Ernonheid " .
-(Les Arsins se trouvent sur l'ancienne paroisse d'Ernonheid, commune de Werbomont)- c'est à dire, à l'intérieur,
comme on le faisait pour les nobles ?
Dans ce cas, le carrelage qui date de 1922 a effacé toute trace d'inhumation.
Et il a agi de même sur la mémoire collective.
On peut aussi supposer que le " pied du choeur " soit situé à l'extérieur, le long du mur entourant celui-ci, c'est
à dire dans le cimetière.
La dizaine de croix qui y est présentement dressée ne révèle rien de ceci et ne dépasse pas 1857.
Mais √† c√īt√©, il reste de nombreux d√©chets de croix illisibles.

Quoi qu'il en soit, les archives paroissiales d'Ernonheid sont muettes à ce sujet.